Je me rappelle d'un épisode de la Jungle en folie de Godard et Mic Delinx, qui traitait sauf erreur d'un mouton mégalomane et qui avait pour titre "Le Complexe sidérurgique"...
Assez curieusement, je n'avais point encore donné mon avis sur la grève de la Boillat à Reconvillier. J'admets m'intéresser aux événements, mais que dire, que dire...
Je pense que vu la situation économique morose de la vallée de Tavannes, il était logique que les ouvriers prennent des mesures pour qu'on les entende. Trop souvent, les manageurs issus d'une certaine économie foulent aux pieds les sentiments et la probité de leurs employés. Filtrona, Tornos (à l'époque des Rotlisberger), Sibra (sous l'ancien régime Feldschlösschen), Swissair, et j'en oublie... A chaque fois il semble que le discours a été de liquider les avoirs, aux dépends de leurs employés comme parfois de leurs actionnaires. Heureusement, ça n'a pas toujours été couronné de succès, et par exemple la Tornos continue de faire vivre Moutier et ses environs, et la Brasserie du Cardinal est devenue un pôle de compétences crucial pour les brasseries Carlsberg.
N'empêche que...
Ce genre de situation n'est pas bon pour la perception publique des conseils d'administration. S'il s'en produit trop souvent, comment ces conseils pourront ils désormais faire valoir une légitimité autre que financière ? Nous ne sommes pas aux USA, la culture d'entreprise suisse reste quand même centrée autour d'une identification des employés à leurs usines. Si cette "tradition" disparait, où restera l'intéret de la place industrielle helvète ? Nous sommes chers, peu nombreux, mais maniaques en ce qui concerne la qualité. Comment remplacer ce coté maniaque s'il disparait avec la fidélité des employés à une certaine éthique de travail ? Car j'en suis certain, si les travailleurs n'ont pas de reconnaissance de la part de leurs patrons, ils se foutront que le travail sois bien fait ou non. Et si en plus les patrons trahissent les ouvriers dont ils ont la charge, comme ils le font à Reconvillier et comme ils le feront ailleurs, et bien comment s'étonner que le discrous s'envenime ?
Une voix pour la Boillat est le blog qu'il vous faut consulter si vous voulez en savoir plus sur cette histoire.